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L’illégalité s’installe dans le Pays. L’anarchie aussi. L’État ne fait plus autorité depuis un certain temps. Et rétablir l’autorité de l’État serait donc impossible, tant que la situation actuelle se complique, et que les gangs armés continuent de se mutiplier. Ce sont au moins soixante seize (76) chefs de gangs qui opèrent Haïti, selon l’un des membres de la commission de désarmement. De plus, avec un président décrié, impopulaire, dont le départ est exigé par presque tous les secteurs, il n’apparait aucune lueur d’espoir.

Le Conseil Supérieur de la Police Nationale pensait pouvoir restaurer un peu l’autorité de l’État. Le premier ministre démissionnaire, Jean Michel Lapin, en conférence de presse le 29 Octobre 2019, avait promis la reprise des activités ce 30 Octobre 2019. En réponse, les barricades sont beaucoup plus nombreuses. Une façon pour la population de dire non au régime en place.

Cette ènième annonce de mesures pour reprendre la contrôle du Pays est donc sans effet. Le Pays, qui est toujours en mode “lock”, est le signe évident que le CSPN ne détient plus aucune autorité de convocation sur la population. La confiance disparait. Trop de mensonges. Pourtant, Bougòy et Ti Lapli imposent leurs lois à Martissant. Ils ont la force de pression que même l’État avec la PNH n’ont pas. Bougòy et ti Lapli interdisent et donnent accès à ce quartier quand ils veulent Et la preuve en est bien grande aujourd’hui. Venons-en aux faits. En début de semaine, il interdit la circulation de voitures et de piétons. Ils intervenaient sur des stations de radio dans la Capitale. Et depuis hier mardi, personne n’ose franchir ce quartier, le couloir de la mort. Pas même les agents de la PNH.

Même le secteur démocratique de l’opposition impose ses lois. Elle arrive même à restreindre les déplacements de Jovenel Moïse. Supportée par une bonne partie de la population, l’opposition avait empêché le chef de l’État de participer à l’ouverture de la nouvelle année judiciaire, au début du mois d’Octobre. Et récemment, pour la commémoration de la mort du père fondateur de la nation, Jean Jacques Dessalines, Jovenel Moïse s’était contenté de déposer une gerbe de fleurs au Musée du Panthéon National Naïtien. Il avait aussi fait une déclaration de moins de six (6) minutes. Et c’était à la hate.

Aujourd’hui, le Pays n’est pas dirrigé. Le président Jovenel Moïse n’a le contrôle de rien. C’est ainsi que va la noble et fière république d’Haïti, depuis la publication des deux premières parties du rapport de la cour supérieure des comptes sur la dillapidation des fonds Petrocaribe. Des documents dans lesquels le nom de Jovenel Moïse est cité soixante neuf (69) fois dans de vastes stratagèmes de corruption. En conséquence, le pouvoir en place perd son autorité, à cause de l’implication de Jovenel Moïse dans la dillapidation des fonds Petrocaribe. C’est d’ailleura ce qui avait déclenché ce vaste mouvement de protestation. De plus, il y a la misère, le chômage et l’inflation de près de 20% qui viennent mettre à nu Jovenel Moïse. Comment oublier la fameuse promesse d’électrifier le Pays 24/24 dans 24 mois ? Promesse non-tenue, jusqu’ici.

Il est donc plus facile de faire confinace à ce que disent Bougòy et Ti Lapli que la présidence et le CSPN. Ces deux chefs de gangs sont parmi les chefs de groupes armés qui détiennent le pouvoir de vie et mort. Ils disent, et la chose arrive. On dirait qu’ils sont à la fois des dieux de la vie, et escadrons de la mort.

Fanel Delva

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